Valo’Marne projette à Créteil une station à hydrogène mais …

Une station service d’hydrogène à haute pression a explosé à Sandvika (Norvège) le 12 juin 2019 (voir détails ici sur le site caradisiac.com)

Heureusement on ne déplore que deux blessés légers dans des voitures classiques à proximité, dûs au déclenchement des airbags à cause de l’explosion. C’est malgré tout le type d’accident que redoutaient les promoteurs de l’hydrogène carburant , car il n’y a rien de tel qu’un accident lors du déploiement d’une filière pour retarder -voire empêcher- son développement. C’est la raison pour laquelle les promoteurs de la filière hydrogène ont privilégié le choix de n’approvisionner que des flottes de véhicules conduits par des professionnels (taxis, bus, …) spécialement formés à l’utilisation de l’hydrogène. Et l’accident est arrivé malgré ces précautions, cela fera donc date. 

Comme la Norvège est un pays où les règles de sécurité diverses sont généralement bien implantées, cet accident est d’autant plus significatif. D’ailleurs on relève dans l’article que les stations à hydrogène Uno-X de Norvège ont été fermées immédiatement en attendant les résultats de l’enquête. 
Etant donné le petit nombre de stations à hydrogène dans le monde (moins de 400 en 2018 selon Wikipedia) et le très petit nombre de véhicules desservis (quelques milliers en tout), cet accident est aussi très significatif. 

Toyota et Hyundai sont les deux principaux constructeurs ayant misé sur l’hydrogène. L’interruption immédiate de la production de piles à combustible par ces deux constructeurs est très significatif. C’est avant tout pour mener l’enquête sur la cause de l’accident mais ce n’est sans doute pas la seule raison. La confiance dans la distribution d’hydrogène à haute pression est entamée, et l’accident norvégien va constituer un précédent motivant les autorités à être plus sévères pour délivrer des permis en France, en Allemagne, etc. 

Outre les répercussions sur l’homologation des stations à hydrogène cet accident va augmenter les coûts de la filière car la prévention des risques coûte cher et les assurances vont devenir plus coûteuses pour l’exploitant. Déjà prohibitif, le carburant hydrogène en sera encore plus cher. 

Cet accident amène aussi à s’interroger sur la compétence du SMITDUVM  à trois niveaux : 
– comme il n’a pas identifié l’existence de risques spécifiques liés à l’hydrogène, a-t-il la compétence technique pour autoriser cette activité ?  
– d’après ses statuts limités à la valorisation des ordures ménagères, le syndicat a-t-il vocation à soustraire une production déjà valorisée (20 GWh d’électricité par an, dont la valeur est de l’ordre de 1 million d’euros par an) pour intervenir dans une filière énergétique ?  
– puisqu’il a fait confiance aux industriels et n’a pas pris au sérieux les avertissements écrits d’ALIC et du Piment de Créteil, comment pourrait-il être à l’écoute des inquiétudes légitimes des riverains? 


Imaginons les conséquences qu’aurait à Créteil un accident comparable à celui de Sandvika : déclenchement des airbags des voitures roulant à 80 km/h dans le virage de l’A86, bris des vitres des serres pédagogiques recevant des groupes de scolaires, risques d’incendie à Valo’Marne … Aux dommages corporels peuvent s’ajoutent des risques financiers (perte d’exploitation pour Hype, voire pour Valo’Marne). Dans une société d’économie mixte comme celle prévue par le SMITDUVM, ce sont en partie les contribuables qui devraient payer la facture. 


Bref, on n’a pas fini de parler des répercussions de cet accident.

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